MAISON
BINH THANH
MAISON BINH THANH
Pensée pour un jeune couple, vietnamien et japonais, Maison Binh Thanh naît de la rencontre de deux cultures et d’un mode de vie profondément personnel. Le mari étant DJ, la musique devient ici bien plus qu’un loisir : elle s’inscrit directement dans l’architecture. Un studio lui est dédié, tandis que le séjour se transforme en petite scène domestique, accueillant naturellement les DJ sets entre amis.
Plutôt que de cloisonner les usages, la maison est conçue comme un système spatial continu et adaptable, où habiter, travailler, écouter et recevoir coexistent dans une même structure.
Une spécialité libre
L’esprit japonais se traduit ici par un mode de vie à la fois minimaliste et libre : moins d’objets, davantage de vide, une lumière naturelle généreuse et une grande liberté de mouvement. Les espaces ne sont pas pensés comme des pièces autonomes, mais comme les séquences d’un même flux spatial.
Un langage industrial-brutaliste, composé de béton brut, de bois et de métal, constitue l’ossature expressive de la maison. Sur cette base volontairement sobre, des touches de couleur, des meubles sculpturaux et quelques détails décoratifs apportent chaleur, humour et personnalité. Ici, le brutalisme n’est pas austère : il devient le décor de la vie.
Une habitation entre deux cultures
Les références japonaises ne sont pas utilisées comme de simples motifs décoratifs, mais intégrées à la logique spatiale de la maison. Tatami, panneaux shoji, portes coulissantes et notion de ma - cet intervalle signifiant entre les choses, sont réinterprétés dans un langage architectural contemporain.
La retenue, les proportions et la flexibilité propres à l’architecture japonaise traditionnelle s’inscrivent ici dans un contexte résolument contemporain, fait de béton, de son, de lumière et d’objets du quotidien. La culture n’est donc pas plaquée sur l’architecture : elle devient une manière d’habiter l’espace.
Concevoir au delà de l'humain
Les deux chats sont considérés comme de véritables habitants de la maison. Plutôt que d’ajouter après coup des équipements dédiés aux animaux, leurs besoins sont intégrés dès la conception intérieure : emplacements discrets pour les litières, niches de repos intégrées au mobilier, surfaces à escalader et parcours dédiés.
L’architecture n’est donc plus pensée uniquement pour l’humain. Elle devient un petit écosystème domestique, où habitants, animaux, musique, lumière et matières partagent un même environnement.